Il y a seulement 50 ans, 1 français sur 4 vivait encore de l’agriculture mais à cause de l’ntensification, les villes se sont développées et les campagnes se sont vidées. Cette agriculture est dépassée.

1- Agriculture inégalement développée suivant les pays

Accès difficile pour les pays du Sud

        Les pays dits « en voie de développement » n'ont souvent pas pu bénéficier des avantages ou des richesses espérés permis par l'agriculture moderne. En effet, cette inégalité résulte souvent des sols et des climats qui ne conviennent pas. On trouve une insuffisance en eau, en capital financier, en formation adaptée, des conditions politiques économiques ou juridiques défavorables et une instabilité qui résulte de certaines taxes ou de protection de marchés. De plus, les subventions massives données à l'agriculture industrielle des pays riches ne sont pas données aux pays pauvres. L'accès aux intrants est inégal donc les rendements diffèrent suivant les différents pays du monde.

→ Exemples de quantité moyenne de fertilisants utilisés par an :

- France : 240kg par hectare de blé.
- Russie (1995) : 25 kg par hectare de blé.

- USA : 257 kg par hectare de maïs.
- Tanzanie : 12 kg par hectare de maïs.


→ Traitement couteux

Le traitement des eaux polluées par les nitrates et les produits phytosanitaires notamment est très coûteux. De plus, son efficacité est limitée. Ce traitement ne peut pas anéantir toutes les substances chimiques ou organiques utilisées dans l'agriculture intensive, qui se retrouvent au final dans l'environnement.

 Illustration traitement des eaux

 

 

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Entre surproduction, perte et gaspillage des pays du Nord

        La surproduction provoque l'effondrement des prix et donc celui du revenu des agriculteurs. 

 

 

 

        Une partie de la production est perdue lors de la récolte, abîmée lors du stockage ou mangée par les oiseaux ou les insectes ; cette perte représente 10 à 15 %.

        Dans les pays riches notamment, les restes de nourriture sont jetés à la poubelle. Par exemple, en Grande-Bretagne, 4 millions de tonnes de nourriture est gaspillée par an.

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2- Perte de compétitivité

Augmentation des exportations et importations

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        Produire et vendre des denrées alimentaires est une activité avant tout destinée à générer des profits. De ce fait, à partir des années 70, les pays du Sud cherchent d'abord les marchés solvables au Nord et intensifient leurs exportations pour rembourser leurs dettes. Ainsi, les producteurs brésiliens préfèrent vendre aux Européens plutôt qu'aux Brésiliens qui ont un pouvoir d'achat plus faible et avec lesquels ils réaliseront de plus faibles bénéfices. En effet, le Brésil assure plus de 30% des exportations mondiales de viande de volaille. Quant à la France, elle est le deuxième exportateur mondial de produits agricoles après les Etats-Unis alors qu’elle est 20 fois plus petite que ce dernier...

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        Les pays du Sud sont alors encore plus dépendants des importations pour nourrir leur population, la production locale s'acheminant dans les pays du Nord. Parallèlement, quand un pays pauvre importe des produits agricoles, la concurrence de l’agriculture industrielle est absolument intenable pour les méthodes traditionnelles. La production massive permet de vendre à des prix assez bas sur le marché mondial. Ces produits bon marché entrent en concurrence avec les productions locales. Au Burkina-Faso par exemple, le riz local est presque 25% plus cher que le riz importé.

 

 

 

 

 

Expropriation des petits producteurs

        La perte de compétitivité entre importations et produits locaux pose des problèmes notamment aux producteurs. Cela fragilise les petits paysans qui, sans ressources, sont alors obligés d'obéir aux entreprises agro-industrielles ou plus radicalement de quitter leurs terres et ainsi laisser place à l'agrobusiness. On peut prendre comme exemple Sarhun qui est un agriculteur présenté dans le documentaire Vu du ciel. Il a subi la destruction de sa terre pour la plantation de palmier. On ne lui a pas demandé son avis, il s'est opposé en bloquant le passage mais la police est intervenue en le menaçant avec des armes. Il n'est donc plus propriétaire de ses terres. La justice et le gouvernement soutiennent les multinationales qui font pression sur les agriculteurs. Ainsi, entre 1980 et 2003, la Belgique a perdu vingt-trois mille exploitations agricoles. Toutes les vingts minutes, une exploitation agricole ferme.

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3- Dépendance des agriculteurs

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Effet pervers des subventions

        En Europe et aux États-Unis, des aides sont accordées aux exploitants pour exporter leurs excédents, provoquant ainsi la ruine des agriculteurs des pays émergents et leur dépendance alimentaire. Le Sénégal, par exemple, produit de moins en moins de céréales alors que ses importations augmentent.

        Leurs revenus dépendent plus des primes qui leur sont attribuées que de la vente de leur production. Les subventions versées par l'Europe à ses agriculteurs représentent en moyenne 29% de leurs revenus. Or, certains agriculteurs refusent ces subventions et désirent seulement récupérer leurs terres.

 

 

        Lors de son interview donnée au Parisien (16 Février 2011), Isabelle SAPORTA, journaliste et auteur du "livre noir de l'agriculture", expose sa vision sur le système agroalimentaire. En voici un extrait intéressant (interview complète ici) :

«      - Vous dénoncez les subventions massives accordées aux agriculteurs. C'est pourtant ces aides qui leur permettent de vivre…

        - Prenons l'exemple du maïs. C'est une culture inadaptée à la France parce qu'elle réclame beaucoup d'eau et de soleil. Pourquoi fait-on tant de maïs dans le Sud où l'eau manque? Par le miracle de la prime à l'irrigation qui a représenté 134 M€ en 2005. Mais ce système est à courte vue. La France ne sera jamais assez grande, et les coûts n'y seront jamais assez bas pour se battre à armes égales avec le Brésil, la Russie ou l'Ukraine. C'est une guerre perdue d'avance. Un système absurde qui ne profite qu'aux coopératives géantes et aux très gros agriculteurs.       »

 

Perte d'emplois dans la production agricole

        Cette agriculture provoque une diminution d'emplois au moment de la production. En effet, l'industrialisation agricole a entraîné une très forte diminution de la population agricole dans les pays développés. En France, on recensait 7 millions de paysans après la seconde guerre mondiale. On en compte aujourd'hui moins de 700 000, représentant à peine 4% de la population active. Cet exode rural a touché tous les paysans du Nord. Actuellement, ils ne représentent qu'environ 1% des 1,3 milliards agriculteurs du monde.

 

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Détresse des agriculteurs endettés

        En 2009, 800 paysans français se sont donnés la mort et on comptait 40 suicides dans la région Rhône-Alpes en 2010. En moyenne en France, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

        Les producteurs sont dépendants des autres acteurs de la filière industrielle comme ceux des productions d'engrais, des acheteurs... mais aussi des banquiers. Ils s'endettent jusqu'à ne plus pouvoir rembourser leur dettes.



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