L'agriculture moderne considère le sol comme une masse inerte, alors qu'il contient la majorité de la vie dans notre écosystème : 90% des espèces végétales recensées en 1900 ont disparu. De plus, les industries ont tendance à augmenter la toxicité de leurs produits, car les espèces ciblées s'adaptent peu à peu aux produits utilisés. Cela pose évidemment de nombreux problèmes environnementaux.

1- Perte de la biodiversité

        L'agriculture productiviste est un des facteurs majeurs des dégâts subis par tous les êtres vivants et leurs milieux. On y observe une perte de biodiversité directement liée à la monoculture, à la mécanisation et aux intrants qui y sont utilisés. Par exemple, on estime qu'aux États-Unis, entre 1977 et 1987, 6 à 14 millions de poissons sont morts, chaque année, à cause des pesticides. De plus, les traitements chimiques entraînant des pollutions peuvent affecter les insectes pollinisateurs, les vers de terres ou les micro-organismes régénérant les sols agricoles. En effet, les abeilles sont indispensables pour polliniser les fleurs des plantes que nous mangeons. En quelques années, 25 % des abeilles de la planète ont disparu.

Abeilles 1

        Dans le monde, une race locale disparaît par mois, simplement car elle ne correspond plus au standard de l’élevage intensif. C’est une partie de la biodiversité agricole qui s’en va à jamais.

 

Sur-pêche et aquaculture

Surpeche industrielle 1

 

 

        La surpêche consiste en une surexploitation des ressources marines. Cette activité, pourtant légale, menace les espèces : certaines sont surexploitées à 90%. En effet, si la surpêche continue ainsi, en 2048, les océans seront vides.

 

 

 

 

        L’aquaculture pourrait être une solution pour répondre à la demande en poissons. Cependant, les poissons d'élevage sont carnivores et il faut pêcher 2 kg de poisson sauvage pour produire 1 kg de poisson d'élevage. De plus, les produits de l’aquaculture ont un prix élevé ce qui n’améliore pas la sécurité alimentaire. L’aquaculture peut également contribuer à l'eutrophisation et une diminution locale de la présence d'oxygène dans l'eau, voire à une prolifération de planctons toxiques ou de pathogènes antibiorésistants. Enfin, la fuite de saumons d’élevage met en péril les espèces sauvages en transmettant des infections contractées en captivité.

Aquaculture

 

 

Déforestation

        L'agriculture productiviste souhaite étendre ses cultures pour augmenter sa production. Par exemple, en Indonésie, sur l'île de Bornéo l'Homme détruit la forêt millénaire au profit d'exploitations de palmiers à huile et au détriment des orangs-outans. L'intensification favorise donc la déforestation et indirectement la destruction de plusieurs espèces : à ce rythme, dans 15 ans, il n'y aura plus de forêt et les orangs-outans auront disparu. De plus, cette destruction va sûrement encore augmenter dans les prochaines années afin de créer des agrocarburants. Or, certains écologistes comme Sylvain Angerand présenté dans Vu du ciel, s'oppose à cette agriculture dévoreuse d'espace et de biodiversité.

 Etat des foretsLes mauvaises reponses

 

 

2- Elevage intensif

        Selon le rapport du PNUD (Programmes des Nations Unies pour le Développementparut en 1999 , chaque français mange en moyenne 210 grammes de viande par jour, un américain 330 grammes, alors qu'un nigérien en consomme 30 grammes par jour et 10 grammes au Bangladesh. Pour répondre à notre consommation croissante en produits carnés (cinq fois plus de viande qu’il y a 50 ans), les élevages traditionnels deviennent minoritaires et les feed lots se développent par exemple.

Feedlots bakkersfield bovins vache bertrand yann arthus terre vue du ciel

 

        Pour produire à des prix abordables de telles quantités et donc augmenter les rendements, l’élevage intensif dispose de différents moyens, comme les hormones de croissance, les antibiotiques, les farines animales... Dans ce système de production, le bétail n'est plus nourri à l’herbe mais au soja et au maïs souvent OGM.

        Les conséquences sont nombreuses : poulet à la dioxine, maladie de la « vache folle », grippe aviaire... Si chaque humain consommait autant de viande qu’un Européen, il faudrait quintupler l’ensemble de la production céréalière mondiale, simplement pour nourrir le bétail. En effet, selon la FAO, environ 40% des céréales produites dans le monde sont utilisées pour nourrir le bétail car il faut entre 5 et 20 kg de céréales pour produire 1 kg de viande. Si toutes les céréales produites pour le bétail au détriment de cultures vivrières étaient réparties de manière égale entre tous les habitants, la population aurait bien plus que ses besoins en protéines.

4356612 3 13d3 un elevage de poulets en batterie eb7c3ef825c94df0fac7b0c1b82211c1

3- Dégradations et pollutions

Dégradation des sols

Crale5 1

 

        L'utilisation massive des machines accentue le tassement de la terre qui a un impact sur le comportement de l'eau dans le sol, l'aération du sol et la vie du sol.

        Là où la végétation devient rare, les sols se dégradent par érosion qui est l'ensemble des phéomènes physiques et chimiques de dégradation des reliefs comme le vent par exemple. Ainsi, au Maroc, 70% de la surface agricole est menacée.

 

 

        La salinisation est l'accumulation des sels dans les sols. Elle se produit souvent à partir d'un sol trop irrigué lorsque l'évaporation de l'eau à la surface fait remonter les sels depuis la terre et les roches souterraines. Le sol perd de sa fertilité au point que, en moyenne, trois hectares de terres cultivables par minute disparaissent à cause de la salinisation. Les régions du monde les plus affectées sont la Tunisie, l'Égypte, l'Irak, l'Iran, le Pakistan et la Californie.

Preview html 5ba8cb1e

        Les rendements n’augmentent plus même si on augmente la quantité d'engrais. Le sol se dégrade et va devenir une roche si on ne réagit pas. La terre est vivante, il faut en prendre soin !

 

Surconsommation et pollution de l'eau

        L'agriculture productiviste nécessite beaucoup d'eau. Par exemple, il faut en moyenne 4 tonnes d'eau pour produire de quoi remplir l'assiette d'un Européen chaque jour.

 

Eau douce disponible 1

        Or, l'eau douce ne représente que 2,5 % des ressources mondiales d'eau, le reste étant salé. Sachant que les deux tiers d'eau douce sont glacés, il nous reste donc 1% de l'eau pour nos activités agricoles, industrielles et nos besoins domestiques.

        L'agriculture intensive et l'élevage consomment 70% de cette eau douce disponible et en plus de cela, la polluent avec l'utilisation d'engrais de synthèse, de pesticides, d'insecticides pour améliorer la productivité. Les eaux polluées s'infiltrent dans le sol, ruissellent, pour atteindre les nappes phréatiques, les cours d'eau souterrains et les rivières avoisinantes, cela dégrade voire détruit la biodiversité présente dans les sols et les cours d'eau. Aujourd'hui, on trouve des pesticides dans 75% des eaux de surface et 57% des eaux souterraines. C'est pourquoi le niveau d'eau douce utilisée pour les besoins naturels de l'Homme diminue.

 Maree verte ulva armoricana en nord finistere 002

 

Réchauffement climatique

Schemaeffserre 1

 

 

        L'agriculture productiviste émet à elle seule 40% des gaz à effet de serre qui sont en partie responsables du réchauffement climatique qui dérègle l'écosystème. Elle risque également d'être la première victime de ce phénomène.

        Par exemple le réchauffement planétaire entraîne la fonte des glaciers : d'ici 25 ans certains pourraient disparaître. Cela a pour conséquence l'élévation du niveau de la mer qui s'est élevée de 12 cm depuis 1880. On estime qu'il pourrait monter de 40 cm à 120cm d'ici 2100, réduisant un peu plus la quantité de terres cultivables.

 

 

 

 

 

0263f6e1773c90dd95137814321cdfca6a81c274 

         De plus, les saisons disparaissent petit à petit. Effectivement, la floraison des arbres fruitiers de la vallée du Rhône est plus précoce d'une à trois semaines et les vendanges commencent de plus en plus tôt.

 

Surconsommation énergétique

        La consommation énergétique de cette agriculture privilégie davantage les produits pétroliers que le gaz naturel et l'électricité. Elle nécessite énormément d'énergies non-renouvelables pour chauffer les élevages, les séchoirs et les serres, pour produire (tracteurs et autres véhicules agricoles), pour transporter les marchandises (voies terriennes, maritimes, aériennes) ainsi que lors des transformations agro-alimentaires. En effet, la forte croissance de la mécanisation entraîne la production massive de véhicules motorisés agricoles et donc le recours à une consommation importante de carburant : on parle de phénomène de synergie.

 1194957108147 300x218

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site